Comprendre le Design Thinking


En bref

Résumé

Le Design Thinking est une méthode destinée à répondre aux besoins et désirs des humains en composant avec la faisabilité technologique et la viabilité stratégique.

Objectif

Proposer une approche pour résoudre rapidement des problèmes complexes grâce à une réflexion aboutissant à des solutions innovantes.

(Innovation = proposer une solution nouvelle à des problèmes actuels avec une technologie actuelle dans une stratégie cohérente).

Introduction

Chaque jour, des projets inutiles sortent des cartons. Incompréhension des utilisateurs, pâle copie d’un existant plus efficace, outil développé pendant des mois qui tombe à côté du besoin… Peut-être cela vous est-il déjà arrivé. Plus jamais ça !

Avec le Design Thinking, ce que nous visions, c’est une adoption maximale de notre idée par les utilisateurs. Pour cela, 2 grands principes sont à prendre en compte :

  • Begin with humans : Toujours commencer par comprendre en détail la situation actuelle du point de vue « humain ».
  • Design to Think : Designer pour réfléchir et non l’inverse, comme on a l’habitude de voir avec les cahiers des charges.

Ces 2 principes sont clés pour bien comprendre la philosophie du Design Thinking.

Une méthodologie globale est souvent associée au Design Thinking, celle du « Stanford’s Hasso-Plattner Institute of Design ». Elle est composée de 5 étapes dont les buts sont les suivants :

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  • « Empathize » : Comprendre la diversité de la situation du point de vue « humain ». Basée sur les techniques d’interview et d’observation, cette étape permet de s’affranchir de nos préjugés pour comprendre comment les personnes concernées vivent la situation. On y cherche souvent les verbatimes et émotions.
  • « Define » : Synthétiser les retours afin d’en ressortir une problématique. Basée sur des techniques de regroupement et d’analyse, l’enjeu de cette étape est d’identifier plusieurs problématiques particulièrement claires et bien définies afin de décider celle à adresser.
  • « Ideate » : Trouver le plus d’idées possibles liées à une problématique. Basée sur des techniques de brainstorming et de co-design, cette étape regroupe un large panel d’acteurs multidisciplinaires qui vont travailler ensemble afin d’identifier les solutions les plus pertinentes possibles, pour en définir une qui soit faisable technologiquement avec une viabilité stratégique.
  • « Prototype » : Rendre concret la solution imaginée par du design. Basée sur des techniques de conception (digitale ou d’ingénierie), l’enjeu est de créer un artefact représentant l’idée qui puisse être testable par des utilisateurs, le tout à moindre coût.
  • « Test » : Observer le comportement des utilisateurs vis-a-vis du prototype qu’ils rencontrent. Cette étape cherche à comprendre comment les gens réagissent à l’idée que le groupe a concrétisé. L’enjeu est de s’assurer que l’idée a été correctement traduite entre le moment où la problématique a été identifiée et le moment où l’utilisateur a le prototype entre les mains.

Bref historique du Design Thinking

Années 1990 : Tim Brown (actuel CEO de l’agence IDEO) popularise le terme Design Thinking. Voici la définition qu’il propose :

« Design Thinking is a method of meeting human needs and desires in a technologically feasible and strategically viable way ».

Années 2000 : diffusion à grande échelle aux Etats-Unis puis en Europe.

2007 : Sortie de la vidéo « Strategy by Design: How Design Thinking Builds Opportunities » par Tim Brown et de son livre « Change by Design ».

Années 2010 : diffusion dans les organisations européennes suite à la traduction de son livre.

Tim Brown qui explique le Design Thinking (2009)

Un exemple très concret d’une application du Design Thinking

Begin with humans

Trop souvent, nous interprétons les situations que les utilisateurs vivent. Nous considérons parfois que l’expérience que nous vivons est la même pour tous ou nous avançons tout simplement sur la base de préjugés. Il faut absolument arrêter cela et aller sur le terrain pour s’imprégner de la réalité.

L’objectif est donc d’adopter une démarche de recherche autour des utilisateurs. La manière la plus efficace d’avancer est d’interviewer un par un les acteurs concernés (entre 8 et 20) et de combiner tous les retours avec de la donnée sur les usages.

L’enjeu de cette recherche utilisateur est d’aller capter les émotions vécues par le panel identifié à travers un parcours que l’utilisateur a effectué. Il faut comprendre ce qui a amené cette émotion et tenter de comprendre le besoin qu’il y a derrière.

Une fois la collecte effectuée, la synthèse est capitale pour partager toute la connaissance acquise à un groupe plus étendu afin de multiplier les angles de vue et les idées. L’experience map est un moyen efficace pour synthétiser ces retours et facilement révéler les émotions et le parcours utilisateur.

Design to Think

Le design est la manière la plus efficace de faire comprendre une idée. D’ailleurs, vous avez déja entendu l’adage « une image vaut 1000 mots ». Hors, le design est très peu exploité lors de phase amont de projets. Nous voyons trop souvent des présentations avec des concepts flous et une vision non définie.

L’objectif de cette phase est de co-constuire un concept tangible qui permette puisse être testé rapidement. Concentrons-nous sur cette phrase :

  1. Co-construire : Le Design Thinking se base sur la multidisciplinarité pour éviter les biais de conformité, lorsque tout les idées sont les mêmes car tout le monde fait le même métier. Ainsi, nous favorisons la multiplicité des profils (différents métiers, intervention d’utilisateurs…) lors de ces moments d’interaction et privilégions que tout volontaire puisse participer aux ateliers d’idéation. Cette multiplicité permet de prendre en compte les composantes technique et stratégique de manière particulièrement efficace.
  2. Concept tangible : C’est la notion de concept qui est ici importante. On cherche à réaliser quelque chose de réaliste à moindre coûts. Par exemple, pour un projet informatique, le but est de ne rien développer, mais simplement de créer un prototype sur la base de maquettes designées. Il faut que le concept en question puisse être manipulé par quelqu’un.
  3. Testé rapidement : Enfin, le test est clé dans le Design Thinking. C’est le seul moyen de voir si le concept à l’air de plaire ou non aux utilisateurs. Petite précision cependant, les tests utilisateurs ne permettent jamais de valider : ils font émerger des tendances. Si une majorité du panel est à l’aise sur une fonctionnalité, on peut en déduire que cette idée parait fonctionner. En fonction des retours issus des tests,

Phase 1 : Comprendre le problème

La phase de compréhension du problème engobe toute la phase de recherche utilisateur.

Elle contient aussi la phase de veille de l’existant. Il s’agit de réaliser un benchmark pour être conscient des solutions s’attaquant déjà au problème concerné et de comprendre par quel angle ont-elles décidé de st’attaquer au problème.

Phase 2 : Designer la solution

La phase de design de la solution englobe la partie atelier d’idéation qui représente les moments de travail multidisciplinaires consistant à diverger et converger pour aboutir à un concept.

Elle contient la partie Approfondissement du prototypage. Il s’agit de reprendre les idées issues de l’atelier d’idéation afin d’aboutir à une solution plus précise et de construire la vision.

  • En savoir plus sur l’approfondissement du prototypage

Enfin elle contient la partie Tests Utilisateurs.


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